Plantes/Kalanchoes endémiques: A usage multiple et donc menacés

Publié le par Alain GYRE

Plantes/Kalanchoes endémiques: A usage multiple et donc menacés

Publié le mercredi 7 octobre 2015

Plantes/Kalanchoes endémiques: A usage multiple et donc menacés

En vogue sur une période assez longue il y a un siècle de cela, les plantes grasses sont quelque peu tombées dans l’oubli.

Le Missouri botanical garden (MBG) remarque toutefois que certains se sont pris d’engouement pour ces plantes curieuses. Celles-ci peuvent à la fois embellir la maison et guérir différents maux. Elles ne demandent d’autres soins que d’être placées le plus près possible de la lumière du jour et d’être maintenues l’hiver dans un état complet de sécheresse et éloignées des courants d’air. La multiplicité de leurs formes originales est intéressante : parfois, ces formes sont extraordinaires et monstrueuses et c’est le cas des Kalanchoes. Par transcription phonétique du nom chinois « Kalan Chauhuy », le mot Kalanchoe signifie qui tombe et qui pousse. Cette plante représente l’un des genres des Crassulacées (Crassus signifiant épais ou charnu) reconnaissable facilement par sa succulence, sa vivacité et ses pièces florales soudées toujours au nombre de quatre. « Sodifafana », « kotrokotrobato », « tsidafafana » sont tous des appellations de ce taxon en malagasy.

Connu communément comme herbe tortue ou chou de Fafa, le genre se développe dans les régions où il ne gèle jamais. Son port varie, allant des herbacées ou buissonnantes de taille moyenne à arbustes (Kalanchoe arborescens). Ce sont des plantes d’intérieur appréciées pour leur résistance à la sècheresse et leur capacité à former des bulbilles (petits bourgeons destinés à se détacher de la plante mère pour donner de nouvelles plantes). Les Kalanchoes ne sont pas que des plantes ornementales. Elles ont d’autres utilités. Elles sont comestibles pour l’homme et les animaux. Le MBG affirme que certaines possèdent des composés aromatiques dans leurs écorces et leurs feuilles (Kalanchoe pubescens). L’odeur caractéristique du K. aromatica procure des vertus médicinales. K. prolifera et K. laxiflora sont utilisées comme vermifuges. Dès fois, elles sont employées pour traiter les maladies comme l’inflammation, l’abcès, la goutte, les brûlures, les contusions, la toux et les rhumatismes. Kalanchoe pinnata (« sodifafana ») est utilisée contre l'hypertension. Cependant, une affaire criminelle (un empoisonnement) du temps de la colonisation, a fait découvrir le caractère très toxique de Kalanchoe schizophylla.

125 espèces de Kalanchoe sont inventoriées dont 66 (soit plus de 50%) sont endémiques de Madagascar selon la base de données du MBG visible sur le site http://www.tropicos.org/Name/40034315?projectid=17. Le caractère typique de ces espèces malagasy de Kalanchoe se trouve dans leur grande facilité de régénération à partir de n’importe quelle partie d’un individu et de sa propagation par des stolons (tige aérienne qui pousse sur le sol et donnera naissance à un nouvel individu) et des bulbilles. Quand la feuille du sujet adulte est cassée par le souffle du vent ou au passage d’un animal ou d’une personne, le morceau cassé, au contact du sol, s'enracine directement. Malgré la facilité de régénération et de propagation des Kalanchoe, l’exploitation non contrôlée réduira sûrement la population de ce genre de Crassulacée dans l’aire où elle se répartit et amènera à son extinction à la longue. Leur commerce favorisera sa disparition et leur exportation abusive garantira sa raréfaction dans la nature. Et comme les Kalanchoe endémiques sont à usage multiple, le MBG estime qu’il faut les conserver pour le bien-être de la population et des générations futures.

http://www.lagazette-dgi.com/

Publié dans Economie

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