Notes du passé: Différents aménagements apportés aux Fort merina de Mahajanga

Publié le par Alain GYRE

Différents aménagements apportés aux Fort merina de Mahajanga

27.09.2016 Notes du passé

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Notes du passé: Différents aménagements apportés aux Fort merina de Mahajanga

Plusieurs auteurs décrivent à différentes époques le village ou le Fort- merina de Mahajanga, situé sur la colline de Saribengo, avec au bout, un autre fortin sur la pointe d’Anorotsangana, avec son mât de pavillon (lire précédente Note sur la présentation faite par Jean Aimé Rakotoarisoa de l’Association malgache d’archéologie).

D’après Samat en 1832, « sur la même colline dominant à 200 mètres du premier fort, s’élève le Fort principal dominant le mouillage Mouzangaïe. En temps de guerre, les Hovas seuls combattent, on retient dans ce Fort des soldats arabes sakalava de peur qu’une fois en rase campagne, ils ne viennent à passer à l’ennemi, ou bien si on juge à propos, quelquefois, de les faire marcher, on ne leur donne que la sagaie. Les Hovas seuls ont des fusils… »

Le même auteur poursuit : « La garnison de Mouzengaïe ne compte guère plus de 200 hommes. Le chiffre des Hovas répandus sur toute l’étendue de la baie, peut s’élever à 1 000. Ils y occupent six à huit postes. Il y a des postes de 25, de 100 et de 200 hommes. Le second fort est défendu par plusieurs canons. Aux dires de Seid-Bouna, un des chefs de la baie de Bali, le Fort possédait 16 canons, il y a huit ans. L’Arabe qui servait de pilote au Victor et qui a pénétré dans ce Fort en allant voir le gouverneur, dit en avoir compté 48. »

En 1869, Alfred Grandidier témoigne, après avoir pénétré dans la forteresse, pour rendre visite au gouverneur Ramasy : « Le fort merina est entouré d’une triple enceinte, suffisante pour le mettre à l’abri d’une attaque des Sakalaves, mais sans valeur défensive réelle. » Il en donne une description. L’enceinte se compose, primo, d’un fossé large de cinq mètres et profond de trois mètres où est réservé un passage que ferme une porte en mauvais état et qui donne entrée à un terre-plein large de quelques mètres ; secundo, d’un rempart de trois à quatre mètres de haut avec, çà et là, quelques bastions armées de canons sans leurs affûts ; une porte gardée par des sentinelles donne accès dans la ville composée « de huttes ou paillottes en motoky où vivaient 1 500 ( ) Merina », les soldats et leurs familles. Tertio, d’une enceinte de poteaux pointus au milieu de laquelle s’élève le Lapa, la maison du gouverneur, en pierres et chaux. Derrière ce Lapa, se trouve une case à toit élevé où sont gardées les « Jiny », les reliques des anciens rois du Boeny. « Elles ont été, me dit-on, prises à Tongay, dans le sud-est de Tsiombikibo. Les Merina les honorent et les gardent avec soin comme leur palladium contre les Sakalaves. »

En 1873, un officier de marine autrichien, Von Jedina, rend aussi visite au gouverneur Ramasy. « À l’exception de son Palais, bâti en pierres, les maisons qui se trouvent au Fort sont construites en bois ; mais toutes sont d’une élégance et d’une propreté extraordinaires. Les ouvrages fortifiés de la ville haute de Majunga ne sont pas très redoutables. Un fossé de quelques pieds de profondeur entoure la ville. Sur le glacis, irrégulièrement élevé, on a posé çà et là de vieux canons de marine en fonte qui pourraient être tout aussi dangereux pour les servants que pour les ennemis. Néanmoins, ils sont soigneusement préservés des intempéries des saisons par un toit de paille. »

En 1874, le missionnaire Mullens ne jette pas un regard aussi expert que son prédécesseur, signale l’archéologue, mais remarque que la ville hova « est défendue par un certain nombre de vieux canons anglais de marine de douze et de neuf livres ».

En 1883, durant la première guerre franco-hova, la citadelle subira la première attaque française. Humbert note en 1895 : « L’extrémité ouest de ce rempart naturel était défendue par un Fort circulaire en maçonnerie de 45 mètres de diamètre intérieur et de 5 mètres de relief ; l’extrémité est, par une vaste redoute de forme semblable mesurant 100 mètres suivant son plus grand diamètre, pourvue d’un parapet d’infanterie et entourée d’un fossé profond. Les deux ouvrages étaient reliés par une ligne de retranchements disposés de manière à fournir des feux plongeants sur la ville et la plage. Les Hovas entretenaient à Majunga une garnison de 2 000 hommes, mais leur artillerie n’avait aucune valeur et était hors d’état de ripostes aux coups des canons de la marine française. »

L’intérieur du Fort hova devra subir de grands dommages au cours de cette attaque française. Des projectiles allument un violent incendie dans le Fort principal et dans les cases qui servent d’abri à la garnison.

Occupant Mahajanga, mais toujours sous la menace continuelle des Merina qui se replient à Ambohi­trombikely, les Français s’attachent à renforcer les défenses du Rova. En juillet 1883, sur la proposition du capitaine Brun de l’artillerie de marine, la défense de la ville est arrêtée définitivement : le système de blockhaus doit être abandonné et remplacé par une enceinte qui comprendra des « parties flanquantes » tracées de manière à battre tous les abords des palanques, et un chemin de ronde aménagé en arrière de l’enceinte.

Mahajanga n’étant pas englobé parmi les territoires cédés aux Français dans le vague traité de protectorat de 1885, la ville est réoccupée par les Merina.

Texte : Pela Ravalitera – Photo : Archives personnelles

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Publié dans Histoire, Notes du passé

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