Entre Doller et Soultzbach - Du lac d’Alfeld au Ballon d’Alsace : la route des Malgaches

Publié le par Alain GYRE

Entre Doller et Soultzbach

Du lac d’Alfeld au Ballon d’Alsace : la route des Malgaches

Publié le 22 novembre 2014 par Denis FLUHR

Après deux mois et demi de fermeture pour travaux, la route entre le lac d’Alfeld et le Ballon d’Alsace vient d’être rouverte à la circulation. L’occasion d’évoquer l’histoire de cette voie de communication stratégique, construite pendant la Première Guerre par l’armée française à grands renforts de travailleurs malgaches.

Occupée par les troupes françaises dès le mois d’août 1914 et pour toute la durée de la guerre, la vallée de la Doller reste très enclavée dans le territoire allemand, car le front, situé au niveau de Pont d’Aspach, en obstrue son débouché naturel. Pour assurer l’approvisionnement de ce territoire reconquis, l’état-major décide d’en améliorer les liaisons vers la France, notamment par la construction de plusieurs routes à travers la montagne. C’est dans ce contexte d’ailleurs qu’est née en 1915 la fameuse « route Joffre », reliant les vallées de Thann et de Masevaux.

Fin 1916, l’armée lance les études pour relier la vallée de la Doller et celle de la Savoureuse par une voie de 4,5 m de large. Le tracé présenté par le lieutenant-colonel Rousseau, chargé des Travaux Publics, prolonge la route édifiée en 1884/1885 entre Sewen et le lac d’Alfeld d’une dizaine de kilomètres pour gravir le fond de la vallée et rejoindre le col du Ballon d’Alsace. La construction est officiellement décidée à l’été 1917 par le général de Boissoudy, commandant la 7e armée. Les travaux, supervisés par un détachement du génie, seront exécutés en grande partie par le 18e bataillon de tirailleurs malgaches, spécialement constitué pour accomplir cette tâche. Cette unité à été créée au début du mois de juillet au camp des troupes coloniales de Fréjus/Saint-Raphaël, à partir d’éléments des 15e, 16e et 17e bataillons de tirailleurs malgaches. Le 22 juillet, 800 hommes en provenance directe de Madagascar viennent compléter l’effectif du corps, qui s’élève alors à 1 250 « indigènes », 49 européens et 8 officiers supérieurs français. Dès le 2 août, le bataillon au complet est envoyé en train vers le front de l’est de la France. Arrivé à Belfort le 4, il est mis à la disposition du service des routes de la 7e armée. Une compagnie est cantonnée à Sewen, dans des baraquements construits en contrebas du lac d’Alfeld, une autre s’installera au Grand Langenberg, sur les hauteurs du Ballon d’Alsace. La construction de la route, qui démarre le 9 août, résultera de l’avancée de ces deux chantiers convergents. Les travaux vont durer près de trois mois et demi, pendant lesquels plusieurs centaines de travailleurs malgaches, mais aussi des civils, sont employés à raison de dix heures par jour à creuser la voie, exploiter des carrières, édifier des ponts, empierrer la route, etc. Fin octobre, les insulaires sont confrontés au froid et à la neige qui s’abattent sur les Vosges et qu’ils vont devoir endurer pendant plusieurs semaines. Le chantier s’achève à la fin du mois de novembre. Dans les semaines qui suivent, les Malgaches sont progressivement versés dans d’autres unités et quittent le secteur. Le bataillon est dissous début janvier 1918. La route du Ballon, mise en service au printemps de la même année, sera intégrée après la guerre à la route vicinale n°14 bis, devenue depuis la route départementale n°466.

http://entre-doller-et-soultzbach.over-blog.com/2014/11/du-lac-d-alfeld-au-ballon-d-alsace-la-route-des-malgaches.html?fbclid=IwAR2o-KM7HHFQzX65OYHCg5FQn8fIqSzQfE2lUyeWI0ds_OFy53ttUsAQKLI

 

Publié dans Histoire

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