2013-10-05 Notes du passé: Des épouses royales au rôle important

Publié le par Alain GYRE

Des épouses royales au rôle important

 

Les Collines des « Douze qui ont régné », celles des « Ancêtres royaux parents » et d’Ambohi­drontsy (ou Ambohihontsy), celles des « Ancêtres royaux amis », celles des « résidences de personnages importants » et enfin celles des

0« Douze femmes royales ». À partir de différentes sources, Bruno Razafindrakoto-Hasina (Bulletin de Madagascar, novembre-décembre 1974) classe ainsi les collines sacrées telles qu’Andrianampoinimerina les aurait codifiées. Ces sources sont les « Tantara ny Andriana eto Madagascar » du RP Callet et le Firaketana qui, de son côté, confronte six sources : outre Callet, Rabenjamina (recueil d’Alasora et manuscrit), l’évangéliste Raonisaona, Andriamorasata et Rainianjanoro.

Bruno Razafindrakoto-Hasina mentionne cependant un problème concernant les Collines des « Douze femmes royales », dont certaines n’ont pas été élevées au rang de sacrées. Il cite, à partir d’un écrit d’Andriamarosata, Ambohi­trasina où se trouve Rabodonimerina, Ambohi­trimanjaka de Ramisavola, Ambohi­poloalina de Ramiangaly et Tsiafahy de Rasamoma. En revanche, le sont Ambohijoky de Rabodonizi­mirahalahy, Fenoarivo de Ravaonimerina, Ambohidrabiby de Rasendra­soa, Alasora de Ramanantenasoa exilée à Kaloy, et Ambohi­dratrimo de Rambolamasoandro. Trois des épouses royales auraient résidé à Fenoarivo, à savoir outre Ravaonimerina, Ravolamisa et Razafitrimo. Et la douzième épouse, Rabodozafimanjaka, n’est associée à aucune colline.

Il essaie d’expliquer cet état de choses par l’importance du rôle politique que jouent les femmes. Bien que toutes aient été épouses royales, surtout pour des raisons d’État, certaines ont mérité plus de ménagement que d’autres. Ainsi le cas de Rambolomasoandro, héritière de la colline d’Ambohidratrimo qu’elle lèguera à un fils du roi, Laidama, « nécessitait plus d’attention ».

Une colline est donc sacrée pour différentes raisons. À partir de la comparaison qu’il utilise, Bruno Razafin­drakoto-Hasina donne ainsi la liste des « Collines sacrées arrêtées par Andrianampoinimerina ». Six collines sont communes aux six sources : Alasora, Ambohi­manga, Ambohidrabiby, Antananarivo, Ilafy et Ambohidratrimo. Antsahadinta n’est pas citée par Callet. Rabenjamina (recueil d’Alasora) et Raonisaona rejettent Namehana et Ampan­drana. Rabenjamina (manuscrit) et Callet ne citent pas Iharanandriana.

Ambohijoky, Ambohiniazy, Merimanjaka et Kaloy sont citées trois fois, Ambohitran­drana, deux fois.

En réalité, on obtient un total de 21 Collines sacrées. Comment l’expliquer Bruno Razafindrakoto-Hasina donne sa version. « Andriamasinavalona a eu ses Douze collines sacrées et ses Douze femmes royales… Andrianampoini­merina l’a aussi imité. L’explication à donner est peut-être plus simple qu’on ne le croit : rendues sacrées par des décisions royales, on comprend aisément que la liste est toujours ouverte ; ainsi le nombre dépassera le point Douze, d’autant plus qu’il n’y a pas de collines dépouillées de leur titre. »

Ces Collines sacrées n’ont pas eu la même importance, même si au départ, elles ont eu un privilège commun : leurs habitants sont sujets directs du roi (habitants de menabe). De plus, chacune a ses prérogatives spéciales. Les aînées des Douze montagnes, les six premières de la liste des « Tantara », sont invoquées dans les prières. Suivent celles à « ombivolavita » qui sont vouées aux ancêtres. Lors du Fandroana (Bain royal), le souverain leur offre de son cheptel bovin, mais la livraison elle-même suit un ordre établi : Ambohidrabiby est servie la première

« car elle est dite Hasin’Imerina » ; puis Ambohi­manga, Antananarivo, Ambohi­drontsy, Alasora, Ambohi­dratrimo, Ilafy et Namehana.

Andriatsoba a son « Tranomanara », Andriantsileon­drafy de même, mais leur résidence n’est pas au rang des collines sacrées, puisque ces seigneurs (tompo-menakely) n’ont pas droit aux « ombivolavita ». Ralainanahary et Andriamasy ont des « ombivolavita ». « Le reste n’en reçoit pas, même si ses épouses y résident. »

 

 

 

Pela Ravalitera

 

Samedi 05 octobre 2013

L’Express

Publié dans Notes du passé

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