2014-03-14 Le premier Traité américano-malgache en 1867.

Publié le par Alain GYRE

Le premier Traité américano-malgache en 1867.

 

14.03.2014

Notes du passé

 

 

C’est au début de 1862 que l’on peut situer les premiers rapports officiels  entre les États-Unis d’Amérique et Madagascar. C’est cette année-là qu’un navire de guerre américain fait escale à Toamasina, sans que l’on sache exactement le but de sa visite, selon l’archiviste-paléographe Jean Valette.

 Toutefois, les relations consulaires régulières entre les deux pays ne s’établissent qu’à partir de 1866. Le major John P. Finkelmeier, le premier consul américain en poste à Toamasina, n’arrive dans cette ville que le

 23 juin de la même année.

 Aussitôt un traité de paix et d’amitié entre les deux États est négocié et est signé à Antananarivo le 14 février (12 Alahamady) 1867.

 Texte ratifié le 24 juin 1868 par le président des États-Unis, et les instruments de ratification sont échangés dans la capitale malgache, le

 8 juillet (20 Asombola) 1868. « À la suite de ce traité, le Congrès des États-Unis, le 1er juillet 1870, étendait à Madagascar un acte du 22 juin 1870 relatif aux pouvoirs judiciaires des agents américains. »

 Finkelmeier est remplacé à Toamasina en 1876, par le consul W.W. Robinson qui reste en poste jusqu’en 1887. Ce dernier entreprend les négociations pour la signature d’un nouveau traité qui amende celui du 14 février 1867 et qu’il signe le 13 mai (17 Alakaosy) 1881. « Ce traité sommeilla dans les cartons du Département d’État à Washington jusqu’en 1883. »

 C’est à cette époque qu’une ambassade malgache, dirigée par Ravoninahitriniarivo, ministre des Affaires étrangères, et son collaborateur Ramaniraka, se rend aux États-Unis dans le « but officiel » de faire ratifier le Traité. Le consul Robinson l’accompagne. La mission diplomatique arrive à Washington le 3 mars 1883, mais le traité est déjà ratifié par le Sénat quelques jours plus tôt, le 27 février, et publié en larges extraits dans le numéro du 1er mars du New York Herald.

 Le 10 mars, le président Chester A. Arthur les signe à son tour et deux jours plus tard, le ministre Ravoninahitriniarivo et Frelinghuysen, secrétaire d’État, échangent les ratifications. « Le Traité obtenait ainsi son plein effet. »

 Nous publions ici le début de ce dernier texte.

 Attendu qu’un traité d’amitié et de commerce entre le gouvernement de Madagascar et le gouvernement des États-Unis d’Amérique a été conclu le 14 février 1867 à Tananarive, capitale de Madagascar, grâce auquel se sont développées les relations les plus amicales entre les deux pays jusqu’à ce jour ;

 Attendu que Sa Majesté Ranavalona, reine de Madagascar, et Son Excellence James A. Garfield, président des États-Unis d’Amérique, sont tous deux désireux, pour le profit et le bien-être de leur pays respectif de maintenir les actuelles relations amicales, de développer le commerce entre les deux pays, d’empêcher autant que faire se pourra les contestations et les conflits :

 Article I : Les hautes parties contractantes déclarent solennellement qu’il continuera à y avoir une paix ferme et inviolable et une vraie et sincère amitié entre eux et leurs héritiers et successeurs respectifs à jamais sans aucune guerre ;

 Article II- 1. Les possessions de chacune des deux parties contractantes ainsi que le droit de domicile de leurs habitants sont sacrés et aucune prise de possession forcée de territoire ne pourra jamais avoir lieu chez l’une d’elles par l’autre partie, ni des visites domiciliaires, ni des violations de domicile, ou de l’espionnage des maisons de l’une ou de l’autre partie contre le gré des occupants, à l’exception de ce qui est prévu à l’article VI, paragraphes 4 et 23.

 2. Le droit de souveraineté sera dans tous les cas respecté dans les possessions d’un des gouvernements par les sujets ou citoyens de l’autre.

 3. Les citoyens et protégés des États-Unis d’Amérique respecteront le gouvernement de la reine Ranavalona et celui de ses héritiers et successeurs, et ils ne s’immisceront pas dans les institutions du pays, ni dans les affaires du gouvernement de Sa Majesté, à moins qu’ils ne soient employés par le gouvernement de Sa Majesté.

 4. Par possession de Sa Majesté la Reine de Madagascar, il faut entendre la totalité du territoire de Madagascar, et les vaisseaux et les citoyens des États-Unis n’aideront pas les sujets de Sa Majesté en rébellion, ne leur vendront pas des munitions de guerre, ne leur apporteront pas leur aide dans la guerre, ou ne leur apprendront pas l’art de la guerre, et les mêmes stipulations s’appliqueront aux héritiers et successeurs de Sa Majesté à l’intérieur du territoire de Madagascar.

Notes du passé

L’Express

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