2014-07-01 Une expédition faite de montées et de descentes

Publié le par Alain GYRE

Une expédition faite de montées et de descentes

 

01.07.2014

Notes du passé

Pendant neuf jours en 1956, du 13 au 20 août, des chercheurs effectuent l’ascension du Tsara­tanàna. Gilbert Cours, inspecteur général de la recherche agronomique, en fait la relation au jour le jour (lire précédente Note).

Le troisième jour, le 15 août, l’expédition débute un voyage fait de descentes et de montées. Elle quitte Antobimay pour Ampanihy à 6h30. Même s’il n’est pas nécessaire de ne pas passer par Ampanopia, elle décide de le faire.

Les chercheurs commencent alors, après être montés d’une centaine de mètres, à longer les montagnes dénudées d’Anjiahely, Ambato­manoina et Anjavy pour descendre à la rivière Maroamalona vers 700 mètres d’altitude.

Le sentier remonte au milieu de la prairie de « vero » du côté d’Anjavihikely vers 1250 mètres. « Puis abandonnant la piste directe sur Ampanihy, nous descendons à Ampanopia vers 900 mètres, village situé au bord de la rivière Maroamalona où nous déjeunons. »

S’ensuit une forte montée de plus d’une heure pour atteindre la montagne d’Ambodivalotra où l’expédition retrouve le sentier d’Ampanihy, amélioré par des travaux accomplis vers 1949 par un certain Saboureau qui veut un accès facile à la réserve de Tsaratanàna. Et une fois de plus, le chemin descend à la rivière d’Ampanitovala. Celle-ci franchie, il se poursuit parmi les « vero » et les « danga » jusqu’à Ampanihy, petit village situé au bord de la rivière Antsarotradoaka, non loin du Sambirano, où la variété de riz cultivée est le « rakaraka ».

Le lendemain, les chercheurs quittent Ampanihy à 6 heures pour le Toby (campement) d’Ambinahy-Saha. Ils circulent d’abord dans les eaux de la rivière d’Antsarotrodoaka pour descendre au Sambirano vers 1 000 mètres d’altitude, là où le même Saboureau installe en 1948 un gîte d’étapes, plus précisément à Ambinany-Andaka.

Ils empruntent ensuite la rivière Andavaka et amorcent la grande montée par un sentier encombré d’une végétation sarmenteuse. Ils franchissent la limite de la réserve naturelle intégrale qui débute par une « savoka » (savane) très dégradée.

« Sous la forêt assez vite atteinte, le chemin bien dégagé permet une marche facile. Les komba  (lémuriens) sont nombreux. Vers 1 500 mètres, nous rencontrerons une vanille aphylle, probablement le V. madagascariensis. Nous remarquons aussi des harahara, des vongo et des vintanina. » Ce sont toutes des plantes.

Les scientifiques retrouvent ensuite l’Andavaka aux eaux très froides et aux berges peuplées de « mokafohy » (anophèles) au début de l’après-midi, et le suivent jusqu’à Ambinany-Saha, vers 2 000 mètres d’altitude où ils passent la nuit. « La nuit a été froide, huit porteurs ont dormi à mes côtés sous la tente, les autres ont fait du feu continuellement. »

Le cinquième jour, ils quittent Ambinany-Saha à 7h30 pour Andilambe qu’ils atteignent au bout de deux heures. Ils auraient pu poursuivre leur montée jusqu’au sommet de Tsaratanàna, mais ils préfèrent attendre le lendemain. La montée dure quatre-vingt-dix minutes. Puis ils reviennent sur Andilambe (soixante-quinze minutes), retournent à Ambinany-Saha (quatre-vingt-dix minutes) et arrivent au campement d’Antobin’Isafy.

« Nous quittons Andilambe un peu avant 6 heures à une allure assez rapide pour nous réchauffer, mais notre marche et surtout la montée finale se trouvent retardées par la présence des pierres et surtout d’une herbe dont les longues feuilles lisses s’étalent vers le sol et invitent le voyageur à la glissade. »

Comme ils marchent plein Est, le sommet cache aux membres de l’expédition le soleil ; ce qui a pour effet d’avoir une bonne vue panoramique. La plaine de l’Ankaizina à Mangindrano apparaît très nette avec un voile de brouillard qui recouvre la cuvette marécageuse et laisse émerger les sommets. Une demi-heure est consacrée à la photo et au cinéma.

En résumé, le dimanche 19 août, l’expédition descend d’Antobin’Isafy à Ampanihy (quatre heures). Le lundi, elle fait Ampanihy-Besanahibe (en six heures et trente minutes) et le dernier jour (21 août), elle arrive à Maro­tolana au bout de neuf heures quinze minutes.

L’Express

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