Feux de brousse: Ravages dans de nombreuses aires protégées

Publié le par Alain GYRE

Feux de brousse: Ravages dans de nombreuses aires protégées       

Mardi, 13 Août 2013

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74 zones affectées par des feux de brousse ont été identifiées le 10 août dernier par le système d’alerte de feux. Il s’agit de photos satellite capturées grâce au projet de collaboration entre différentes entités internationales. Elles montrent à quel point des aires protégées sont affectées par les problèmes de feux de brousse. En effet, ces feux touchent particulièrement des aires protégées, en l’occurrence Bemaraha (situé dans l’Ouest et là où l’on peut admirer les fameux « tsingy »), le complexe Mikea (Sud-ouest), le corridor forestier de Mahavavy-Kinkony (Nord-ouest), l’Isalo (Sud), le Kirindy Mitea (Ouest), le Menabe central (Ouest), Sahamalaza (Nord-ouest) et les « tsingy » de Namoroka (Nord-ouest). De nombreux feux sont notamment signalés par les photos satellites au niveau de Bemaraha, du complexe Mikea, de Menabe central, du corridor Mahavavy-Kinkony et du Kirindy Mitea. Il faut aussi noter que même Sahamalaza est affecté par les feux. Il s’agit pourtant d’un parc national encore peu fréquenté par les touristes. Des actions de promotion de l’écotourisme y ont cours et il fut un temps où ces actions ont compris la formation de guides et des actions pour aider les riverains à bénéficier des retombées de l’écotourisme. Sahamalaza est l’une des rares aires que compte la région Sofia pour la promotion de son tourisme.

Mais les feux risquent d’écorner une partie de la richesse naturelle de ce parc. Les nombreux points de feu cités plus haut risquent de causer les mêmes dégâts dans l’enceinte des aires protégées concernées. Les gains en termes de superficies protégées pourraient donc être anéantis par les feux. De 1990 à 2012, les aires protégées à Madagascar sont passées de 1,230 million d’ha à 7 millions d’ha. Beaucoup d’investissement a été injecté dans la délimitation des nouvelles aires protégées et dans la préservation des superficies protégées déjà en place. Ces financements assurés à 93% d’après les données de la Banque mondiale risquent toutefois de partir en fumée au sens propre du terme. Or, une partie de ces financements a été octroyée à Madagascar au titre de prêts. Les générations actuelles et futures doivent et devront donc les rembourser, c'est-à-dire rembourser de l’argent dont les fruits sont partis en fumée. Elles seront ainsi doublement victimes : elles bénéficient à peine de ces richesses naturelles mais devront rembourser pour cela. Mais le scénario sera le même si le pays arrive à financer la grande partie de la gestion des aires protégées. Il s’agira, dans ce cas, de l’argent public. 

Il faut rappeler que les besoins en financement des aires protégées se situent entre 17 et 20 millions de dollars par an, soit 3 dollars par ha. C’est environ 12 000 Ar par ha. C’est un montant important pour une population dont 92% sont pauvres et perçoivent moins de 4 000 Ar par jour. Et si cette population est encore appelée à rembourser de l’argent parti en fumée et qui n’a rien produit pour elle, elle est tout simplement flouée. Certes, les feux de brousse sont l’acte de riverains de ces aires protégées, mais jusqu’ici, rien de bien concret et d’efficace n’a été mis en place pour lutter contre ce fléau.

Fanjanarivo

La Gazette

 

Publié dans Revue de presse

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