Rite : La bénédiction par l'eau et le sang

Publié le par Alain GYRE

Rite : La bénédiction par l'eau et le sang

 

Aspersion d’eau bénite de l’assistance, le vendredi

 

 

Dans la suite des cérémonies, le programme du vendredi est déjà calé. « llons-y», signale un dignitaire à son comparse. Il est temps d'amener les deux zébus du «Fihasinana» au « Kianja », pour le sacrifice rituel, le point culminant de la célébration de l'Alahamadibe. Selon la tradition orale, jalousement respecté par les Zanadranavalona, le « kianja » a été le point de chute de Ranavalo­tsimitoviaminandriana. C’est la raison pour laquelle il est aussi sacré pour eux.

« On a pu trouver un zébu volavita, cette année. C'est une occasion très rare et c'est un signe », lance Alain Ravelonarivo, président de l'association royale.

Les deux bovidés, de pelage rouge et volavita donc, ont été achetés, il y a quelques semaines, à Ampanotokana. Les représentants des Zanadranavalona aspergent d'eau bénite les deux bêtes. Rien n’y est soustrait, les bénédictions se font à chaque rituel de l'Alahamadibe. La fanfare de la veille suit derrière le duo encorné, l’accompagnant vers son destin final. Une ribambelle d'enfants et les dignitaires royaux complètent nonchalamment le cortège.

Accomplissement

Arrivé au « Kianja », l'ambiance s'électrise. L’assistance va être le témoin de la partie la plus « sanglante » de tous les rituels. Les spécialistes de l'abattage au couteau de zébu sont déjà à pied d’œuvre. En quelques minutes, en dépit de quelques coups de sabot en l’air, les animaux se retrouvent à terre, les pattes ligotées et immobilisées. Du sang jaillit de la plaie à la gorge d’un bœuf sacrifié, et voilà qu'un homme accourt, comme si c’était son ultime course ici-bas. Il recueille la première giclée de sang dans un récipient, lequel est passé à l'assistance.

Les Zanadranavalona se marquent le front de ce liquide rouge, encore chaud, rappelant quelque part un épisode biblique.

« Moi j'en ai ramené chez moi pour en étaler sur le linteau de ma porte », fait savoir Dadabe Ramanana.

À Anosiman­jaka, eau bénite et sang se mêlent pour pouvoir accomplir un Alahamadibe dans les règles.

 

 

Maminirina Rado

 

Mercredi 14 août 2013

L’Express

Publié dans Coutumes

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