Poème: Au lecteur - Ramambason

Au lecteur
J’ai voulu du monde inconnu
Traduire à nouveau le langage :
Ce monde si beau, mais si laid,
Où vont voisinant et des anges
Et de vrais démons.
J’ai voulu surtout, à ton âme
D’homme secourable parler,
Te parler de ceux qu’on ignore
Dans leur triste sort, des maudits
Qui vivent d’alarmes.
J’ai voulu, pour toi, recueillir
Les échos nombreux qui déferlent
En vagues sonores jusqu’à moi,
Ébranlant ces cordes qui vibrent
Dans mon pauvre cœur.
J’ai voulu souvent, de mon âme
Te parler aussi simplement :
De tous mes soucis, de mes luttes,
De mes chers grands rêves tombés,
Des échecs sans nombre.
Gauchement, parfois, j’essayais
De fixer ici de fugaces
Contours entrevus, de camper
Des géants, héros admirables
Au geste imposant.
J’ai voulu verser mon obole,
Apporter mon œuvre et ma part
Au labeur de tous. Grain de sable
A quand même aussi son emploi,
Quoique minuscule.
Et du fond du cœur, cher lecteur,
Je te dis merci, pour ta peine
Et ton temps à moi consacrés :
J’ai voulu, toujours, vers la cime
Grimper, m’élever avec toi.
Ramambason
Antaninandro, 11.02.46
Telle est la conclusion de Ramambason sur l’étude de l’origine du Mal, développée poétiquement dans le recueil Rythmes et Synthèses. Elle se présente sous forme de propos à l’attention de tous les lecteurs. Des Propos de solidarité et de réhabilitation à l’égard « des maudits » dans ce « monde si beau, mais si laid ».
https://journals.openedition.org/oceanindien/1400#tocto3n6