Poème: BETSIBOKA MON FLEUVE - MAX RANDRIANTEFY
En allant passer mes vacances à Mahajanga, j’ai vu la couleur rouge du fleuve Betsiboka et ses petits affluents qui m’ont clairement montrés l’effritement de l’écosystème. Cette désolation est générée par l’inculture qui nous mène droit vers un suicide collectif. Ce poème inspiré par cet état de chose, est un appel à mes concitoyens pour une main tendue afin de combattre ce fléau.

BETSIBOKA MON FLEUVE
O fleuve source de joie mais bien mal aimé
Ta couleur rouge est en fait l’hémorragie
D’une terre honteuse fuyant sa destinée
En emportant tout ce qui te reste de vie.
Tes flots bouillonnants ne sont plus que larmes
Et les hommes anéantis, sans un vacarme
Sont partis vers un monde plus généreux
Où ils survivront sûrement moins heureux.
Laissant une terre désolée par la sécheresse
Dans ton lit traînaient des pierres qui ont servi
A lapider nos âmes viles pécheresses
Préférant sans le savoir la mort à la vie.
Quand l’homme a brûlé les forêts tes amies
Les nuages pleureurs eux aussi ont fui
En t’emportant loin d’ici pour de bon
Nous mettant à terre implorant ton pardon.
Certains attendront que survienne un miracle
Quand d’une mort annoncée tu renaîtras
Plus fort et plus serein encore tu seras
Joie de tous et le plus beau des spectacles.
Après ces temps croyant t’avoir perdu
Tes fils prendront soin de toi désormais
En œuvrant ensemble pour que te soit rendue
Ta parure faite de belles et denses forêts.
Ce jour-là, nos terres seront un emblème
De paradis terrestre de gens convertis
Nos enfants vivront dès lors dans un pays
Respectueux de dame Nature qu’ils aiment.
MAX RANDRIANTEFY