Conte: Ikotofetsy et Imahaka les deux farceurs mort des deux farceurs 12 - Jeanne de Longchamps

Publié le par Alain GYRE

Ikotofetsy et Imahaka

les deux farceurs

mort des deux farceurs

12

  

Le sakafo était bon et je me suis gorgé de riz.

Je suis vraiment content, mes amis.

Je ne vois plus rien à dire,

Si ce n’est la fin de mon histoire.

 

Un jour, Ikotofetsy et Imahaka traversaient une vallée. Ils aperçurent une vieille femme qui arrachait des plants de riz. Ils s’approchèrent et lui dirent :

- Ô grand-mère, tu n’as donc pas de petits-enfants, toi qui arraches des plants de riz par cette chaleur ?

            La vieille répondit :

- J’en avais beaucoup, mes amis, mais les filles sont mortes et il ne reste plus que des garçons.

- Et où sont-ils donc ?

- ils sont au loin et ne rentreront que dans quelques jours.

            Les deux hommes furent tout joyeux d’entendre cela.

            Ils dirent à la vieille :

- Rentre donc chez toi. Nous arracherons les plants de riz. Nous aussi nous avons une grand-mère et nous ne pouvons pas supporter de te voir ainsi travailler.

            La vieille répondit :

- Soyez bien portants, mes enfants et que les Ancêtres vous bénissent.

            La vieille rentra chez elle pour leur préparer un repas. Aussitôt qu’elle fut partie, les deux camarades se mirent à couper avec un couteau les plants de riz au lieu de les arracher soigneusement. Lorsque le moment du retour des arracheurs fut venu, ils rentrèrent chez la vieille qui leur servit du riz et des assaisonnements et lorsqu’ils furent bien rassasiés, ils dirent à la vieille :

- Allez et regardez vos plants de riz.

            Elle répondit :

- Oui, mes braves enfants, puis elle se mit en route.

            Lorsqu’elle fut partie, les deux camarades raflèrent tout ce qu’ils trouvèrent. Quant à la marmite, aux assiettes qu’ils ne voulaient pas emporter, ils les mirent dans une natte bien cousue et dans le lit de la vieille.

            Bientôt la vieille rentra, elle vit que tout avait été dévalisé et crut voir dans le lit des gens plongés dans un profond sommeil. Pensant que ce ne pouvait être que les voleurs, elle tapa dessus avec son pilon et tout ce qu’il y avait dans la natte fut brisé en mille morceaux. Alors sa misère redoubla. Les injures qu’elle cria firent s’enfuir les bœufs.

            Mais voici que les deux bonshommes revinrent un peu plus tard, un jour que la vieille sarclait du manioc. Ils s’approchèrent pour l’attraper encore. Et voici comment. Ils se mirent à pleurer bruyamment en disant :

- Nous avons pitié de vous, grand-mère.

            Et ils prirent sa bêche pour sarcler le manioc, mais ils ne firent que le piétiner et l’abîmer.

            Cette fois la vieille fut plus rusée. Elle partit sous le prétexte de leur préparer un bon repas.

            Mais quand elle fut dans sa case, elle perça bien vite le mur, dans le coin des bêtes et recouvrit l’ouverture de fumier. Son intention était de brûler les deux hommes en même temps que la case quand la nuit serait venue. Ensuite elle attacha soigneusement la fenêtre pour qu’ils ne puissent pas sortir par là. Quant à elle, elle sortirait par le trou. Puis elle alla tuer un poulet et faire cuire le riz.

            Ils revinrent, Ikotofetsy et Imahaka, et la vieille leur dit :

- Entrez, mes enfants. Je n’ai qu’un peu de riz et un poulet à vous donner, mais dans la soirée je tuerai un mouton à grosse queue pour que vous puissiez en emporter à vos femmes et à vos enfants. Ils mangèrent joyeusement.

            Et toute la soirée ils se réjouirent à l’idée de manger du mouton. Ensuite ils se couchèrent pour dormir.

            Quand ils furent plongés dans un profond sommeil, la vieille sortit par le trou. Elle mit le feu à la case.

            Ikotofetsy et Imahaka furent brûlés vifs.

 

Ainsi finirent les choses

avec justice

Ce sont les Anciens qui le disent

de cette façon.

 

 

Cycle de contes particulièrement répandu dans l’Imerina

Jeanne de Longchamps

Contes Malgaches

Editions Erasme Paris

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