Poème: JOURNEE D’UNE PAYSANNE - MAX RANDRIANTEFY

Publié le par Alain GYRE

La différence entre les pauvres et les riches actuels est d’une telle indécence quand on voit ces derniers se pavaner avec leurs signes ostentatoires de richesse sans un égard pour la misère qui règne dans le pays. Parfois certains font l’autruche en essayant carrément d’oublier l’existence de ces gens qui ne vivent que d’eau, d’espoir et surtout de la foi qu’ils ont pour Dieu. La journée d’une paysanne est d’une telle tristesse que j’ai fini par avoir honte de mes préoccupations matérielles...Ce poème de la pauvreté est né sous ma plume qui a craché la réalité de la vie de misère que vivent aujourd’hui encore les paysannes malgaches.

JOURNEE D’UNE PAYSANNE

 

Quand le chant du coq la tirait de ses rêves

Comprenant que pour elle est finie la trêve

Passée dans les méandres d’une nuit où les saints

Bienveillants lui serinaient d’un même refrain :

 

« Courage femme, ton labeur est aussi le nôtre

Ta vie sera sur terre, comme celle des apôtres

Qui répandaient le bien par des paroles saintes,

Lève-toi, regarde les tiens, alors vis sans crainte ».

 

Une fois encore elle se levait courbatue

D’une nuit sur la natte posée à même la terre,

Tenant ses enfants dans ses bras pour en faire,

Un rempart d’amour et un gage de vertu.

 

Sans faire de bruit, elle s’en allait préparer

La pitance familiale de toute la journée

Pour laquelle elle priait Dieu à chaque instant

De l’aider pour la survie de ses enfants.

 

Les matins hivernaux s’en allant nu-pieds

A travers les prés écrasant la rosée,

Elle entamait dans les champs des dures journées

Sans un son de plainte pour son sort de damné.

 

Sereine, elle concoctait avec ses amies

Des complaintes d’amour et l’espoir de ces vies

Dans un autre monde où se cachait le bonheur

Pour oublier un moment ce dur labeur.

 

Puis des voix en chœur s’élevèrent dans le ciel

En laissant la fatigue de leurs corps meurtris

Entonnant des chants d’une beauté irréelle

Les âmes de ces anges sont parties loin d’ici.

 

Le soir vînt enfin à l’approche de la nuit,

Le ballet des corps lui aussi s’arrêtait

Car il était temps de rentrer au foyer

Pour enfin serrer les corps de ses chéris.

 

MAX RANDRIANTEFY

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